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Houkat - CISU

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BÉRÉCHITE (Genèse)
CHÉMOT (Éxode)
VAYIKRA (Lévitique)
BAMIDBAR (Nombres)
DÉVARIM (Deutéronome)

 

 

La goutte d’eau 

‘’L’Eternel dit à Moïse : prends le bâton et assemble la communauté, toi ainsi qu’Aaron ton frère et parle au rocher, en leur présence et il donnera ses eaux….’’(Nbres XX – 8) ; mais : ‘’Moïse leva la main, et il frappa le rocher de son bâton par deux fois’’(Nbres XX – 11).

‘’L’Eternel dit alors à Moïse et Aaron : puisque vous n’avez pas eu confiance en moi pour me sanctifier aux yeux des enfants d’Israël, aussi ne conduirez-vous pas ce peuple dans le pays que je leur ai donné’’ (Ibid. v.12). Tous les commentateurs se demandent quelle fut la gravité de la faute de Moïse notre maître  et du Grand Prêtre Aaron, pour avoir été condamnés à mourir avant l’entrée dans le pays. En effet la disproportion paraît énorme entre l’erreur d’avoir frapper le rocher au lieu de lui parler, et la sanction très grave prise à leur encontre.

Rappelons qu’au début de la marche des enfants d’Israël à travers le désert du Sinaï, ils se lamentèrent de trouver que les eaux étaient amères. Ce lieu reçut alors le nom de ‘’Mara’’, amertume (Ex. XV – 23). Arrivés à Refidim, le peuple querelle Moïse en disant : ‘’Donnez-nous de l’eau que nous buvions’’ (Ex. XVII – 2). Assoiffé d’eau, le peuple murmura et dit : ‘’Pourquoi nous as-tu fait sortir d’Egypte pour faire mourir de soif moi, mes enfants et nos troupeaux ?’’ (Ex. XVII – 3). D… dit à Moïse : ‘’Tu frapperas dans le rocher et il en jaillira de l’eau et le peuple boira’’ (v.7). Ainsi fit Moïse…. Et ce lieu fut appelé Massa et Meriva à cause de la querelle  des enfants d’Israël et de leurs violentes récriminations. Enfin lors de la dernière émeute du peuple, désignée sous le nom des ‘’eaux de Meriba’’, l’Eternel ordonna à Moïse et Aaron de parler au rocher pour qu’il donne ses eaux, mais non de le frapper du bâton. Le Midrach Yalkout Chimoni explique d’une façon allégorique la différence entre le fait de frapper et celui de parler, et nous offre l’image d’un maître qui enseigne à un petit enfant et le corrige en le menaçant du bâton. Mais lorsque celui-ci atteint l’âge adulte, il l’admoneste par des paroles. Cette parabole nous fait prendre conscience de l’évolution qui s’est produite dans la mentalité des enfants d’Israël au cours de leur long séjour et pérégrinations à travers le désert du Sinaï. Au début, ces derniers n’avaient pas encore assimilé l’idée d’un D… immatériel et invisible. Aussi il fallait frapper leur imagination par des actes concrets tels que le bois jeté dans l’eau pour l’adoucir et les coups s’abattant sur le rocher. L’effet produit par ces actes s’incrustent dans leur esprit. Mais lorsqu’ils eurent atteint la maturité de l’âge adulte, la simple parole aurait plus d’impact, au contraire, et les impressionnerait davantage. D’autres commentateurs soulignent que cette dernière querelle se déroule à l’extrême  Est du territoire attribué à la tribu de Juda en terre d’Israël. De plus les explorateurs avaient ramené la figue, le raisin et la grenade, pour montrer les bons produits de cette terre. Aussi les enfants d’Israël sont désappointés et surpris de voir que cette terre est désertique. Elle ne leur apparaissait pas comme elle leur avait été décrite avec tant d’éloges : ‘’Le Seigneur ton D… te conduit dans un bon pays, pays de torrents et de sources jaillissant de l’abîme dans les vallées et les montagnes, pays du froment, d’orge, de vigne, de figuiers et de grenadiers, pays d’oliviers oléagineux et de miel’’ (Deut. VIII – 7, 8). Aussi l’Eternel demande à Moïse et Aaron d’adresser au peuple des paroles d’encouragement et de réconfort, pour apaiser leurs craintes et leur donner confiance en la promesse de l’Eternel. Sous peu cette terre qui leur paraît momentanément hostile se transformera en une plaine verdoyante sillonnée de cours d’eau. Cela aurait été là l’occasion de renforcer en  leur cœur la foi profonde et l’ espérance en l’Eternel. La gravité de la faute de Moïse et Aaron se situe en le fait d’avoir manqué ce moment propice pour sanctifier le nom de D… 

 

Houkat ha Thora  

Il existe deux façons de faire ressortir les lettres de l’écriture : soit en les écrivant, soit en les gravant.  

La différence entre ces deux procédés, c’est que l’écriture nécessite l’encre. Les lettres sont formées ainsi d’une matière indépendante du support papier ou parchemin, sur lesquels elles sont tracées. L’association de l’encre et du support forme un ensemble cohérent; alors que les lettres gravées sur la pierre ou le bois, sont issues de la même matière et forment un corps indissociable.  C’est ce dernier procédé que nous propose la Thora, en ce qui concerne les commandements divins. 

‘’Zot houkat ha Thora - Ceci est un statut de la loi’’. L’expression ‘’houkat’’ porte deux significations. La première ‘’hoq’’, statut, loi, prescription, dont le sens échappe à l’entendement humain. La deuxième ‘’hakika’’, gravure, du verbe ‘’hakoq’’ graver, tailler. 

Il faut les graver dans ton cœur, afin que les lois de la Thora fassent partie intégrante de toi-même. Et c’est là également l’enseignement du Zohar : ‘’ le peuple   d’Israël,  la Thora et le Saint béni soit-Il, forment une seule unité’’.  Et le roi Salomon dans son livre des Proverbes, dit : ‘’Inscris-les sur les tablettes de ton cœur’’.

C’est la raison du terme ‘’houqat’’ à double sens employé dans notre paracha  à propos de la loi relative à la vache rousse : ‘’Zot houkat ha Thora - Ceci est le statut de la Thora’’. 

En effet, le statut de la vache rousse constitue le symbole dont nous devons tirer l’enseignement pour toutes les lois de la Thora. Bien que nous ne comprenions pas le sens et la signification de certaines lois, nous devons les pratiquer. 

Le mode de vie prescrit dans la Thora, doit être gravé dans nos cœurs et faire ainsi partie de nous-même, afin que se réalise cette parole du roi Salomon : ‘’Ce sera la santé pour ton corps, une sève généreuse pour tes membres’’. 

La haftara de houkat tirée du livre des Juges chapitre XI, développe également ce thème, et nous met en garde des séductions qui pourraient menacer notre identité profonde. En effet, alors que le chapitre précédent   nous   fournissait    la nomenclature    de    toutes     les divinités auxquelles Israël rendait alors hommage ; celles grâce auxquelles il pensait satisfaire ses aspirations religieuses, alors que la loi de D… lui paraissant trop fastidieuse.  Remarquons au passage que c’était déjà en ces temps là le phénomène de l’assimilation qui se manifestait. En s’adonnant à l’idolâtrie, Israël voulait ressembler aux peuples qui l’environnaient. Mais ces peuples rejettent Israël et le persécutent. Dans le malheur, Israël se retourne vers D…, cherchant le salut qu’il ne trouvera qu’après un repentir sincère. C’est alors qu’intervient l’avènement de Jephté,  choisi pour défendre les siens, présenté dans notre chapitre. Ce phénomène d’assimilation ne s’est pourtant jamais complètement dissipé, puisqu’en tous temps il a provoqué des vides dans nos rangs. Le désir d’être comme tout le monde nous fait trop souvent oublier qui nous sommes, ce que nous avons de spécifique et d’original à défendre, qui provient de ce que D… , nous ayant choisis, pour être un royaume de prêtres et   un   peuple   saint,   nous   ne    pouvons le trahir en fuyant notre vocation, et en cherchant refuge en se fondant dans l’autre. Viennent alors des rappels à l’ordre qui sont parfois tragiques, puisqu’ils creusent nos rangs par la violence et les persécutions. La Thora nous met sérieusement en garde contre la tentation de vouloir imiter d’autres idéologies qui peuvent conduire à la cruauté : ‘’Ne te laisse pas prendre au piège… garde-toi de rechercher leurs dieux, en disant : comment ces nations servaient-elles leurs dieux ?  Ainsi ferai-je moi aussi… ces nations vont même jusqu’à brûler au feu leurs fils et leurs filles pour leurs dieux’’ (Deut. XII – 30, 31).

Nous connaissons le vœu cruel que fit Jephté, pour que D… lui accorde la victoire sur les ennemis .  Comme l’atteste le texte : ‘’Si tu livres en mon pouvoir les enfants d’Ammon, la première créature qui sortira de ma maison au devant de moi, quand je reviendrai vainqueur…. Sera vouée à l’Eternel, et je l’offrirai en holocauste’’ (Les Juges XI – 30). Nous connaissons la suite : ‘’Comme Jephté revenait vainqueur, sa fille unique vint à sa rencontre ; et quand il la vit, il déchira ses vêtements et s’écria : hélas ma fille, tu m’accables ! C’est toi qui fait mon malheur (v. 34, 35). Ainsi donc,   sa propre fille fut l’innocente victime de ce serment profane. Le Talmud le condamne sévèrement, car Jephté était marqué par une attitude coutumière de l’époque chez les peuples environnants, ce qui l’a conduit à sacrifier sa propre fille. Vouloir vivre comme tout le monde, est donc un danger que ne cesse de dénoncer le judaïsme, car il sait par expérience que ce qui peut paraître anodin, finit par avoir des conséquences incalculables. Qu’il s’agisse d’idolâtrie ou de licence morale, toute négligence est à proscrire, tant il est facile de s’écarter de la Thora qui se veut essentiellement voie de sainteté, et qui constitue la seule raison d’être d’Israël. 

 

La génération du désert  et le monde à venir 

‘’Dans ce désert, ils seront achevés, et là ils mourront’’(Nbres XIV-35)

La Thora invective les explorateurs suite à leur coupable médisance. Nos Sages du Talmud  concluent de là : la génération du désert n’a pas part au monde à venir, au ‘’olam Haba’’. (Sanhedrin 110 b) 

Qu’est-ce que le monde à venir ? Est-ce la vie de l’âme ? Le souffle de vie suprême ?

Pour définir ce concept ‘’olam haba’’, précisons avant tout ce que l’on entend par ‘’olam hazé – le monde présent’’, celui d’ici-bas, qui concerne chacun individuellement, et qui est limité par le temps calculé en rapport avec le mouvement dans l’espace ou avec le rythme biologique.  Comme dit le psalmiste : ‘’Les jours de nos années sont septante ans, ou dans leur vigueur quatre-vingts ans’’(Ps. XC – 10). Cette limite de notre existence terrestre nous est individuelle et personnelle. Par contre, la collectivité, la nation, connaît une existence qui s’étend d’une génération à l’autre, et se perpétue au-delà du temps et de l’espace. Comme dit l’Ecclésiaste : ‘’Un cycle va, un cycle vient, en pérennité la terre se dresse’’ (Eccl. I – 4).

Ainsi, chaque personne connaît une double vie ; celle qu’elle réalise sur le plan individuel et personnel, et celle qu’elle développe en sa qualité d’un élément particulier appartenant à l’ensemble de la communauté. Vu sous cet angle là, cet individu est inséré dans l’ensemble et vit dans la continuité ininterrompue et permanente de la communauté à laquelle il appartient. Sa survie est due en quelque sorte à la pérennité de la nation, fondée sur l’adhésion des membres qui la constitue. En d’autres termes, alors qu’une personne prise isolément connaît une existence passagère et des mutations et rapport avec sa condition humaine, l’appartenance à sa génération l’attache et l’enchaîne à la génération montante. 

Il appartient dès lors au monde à venir. C’est lorsqu’il mène une vie de reclus et se met en retrait par rapport à sa communauté, que sa vie se trouve réduite à celle de l’individu coupé du monde extérieur, de la communauté qui le porte, pour devenir une personne de passage qui n’a pas part au monde futur. Or, la terre d’Israël constitue le ‘’makom – le lieu’’ destiné à la nation juive dans son ensemble. On ne peut parler de peuple juif qu’en Israël et non en dehors ; car c’est là que nous avons une existence  en tant que peuple,  et une réalité en tant que nation. C’est pourquoi celui qui appartient à l’ensemble du peuple d’Israël est de facto lié à cette terre, et vice versa, celui qui est attaché à cette terre, fait partie nécessairement du peuple juif. Nous pouvons conclure que le peuple d’Israël et sa terre forment un même corps, une même entité. Et de même que l’assemblée d’Israël est promue à une vie éternelle, son devenir concerne également la terre d’Israël. C’est pourquoi nous disons dans la prière du samedi après-midi ce texte du livre des Chroniques : ‘’Tu es UN et ton nom UN’’ 

(I Chr. XVII – 21). La mention ‘’une nation UNE sur la terre’’ souligne que c’est uniquement dans le pays d’Israël que nous sommes une nation unie et non une entité unique. Car la terre fait de chaque individu un élément de l’ensemble. Et c’est pourquoi, rejeter la terre d’Israël par la médisance notamment,  c’est  faire  fi   de cette 

entité, de cette pérennité ; et par voie de conséquence, du monde à venir. Rappelons ce verset de la Thora : ‘’Tu as distingué aujourd’hui le Seigneur pour en faire ton D…, pour marcher dans ses voies, observer ses lois, ses commandements et ses préceptes, écouter sa voix ; et le Seigneur t’a distingué à ton tour, aujourd’hui, afin que tu sois son peuple d’élection…’’ (Deut. XXVI – 17,18).

Le Midrach dit à propos de ces paroles de la Thora : ‘’D… dit à Israël : vous avez fait de Moi une pièce unique dans le monde en proclamant : Ecoute Israël, l’Eternel notre D…, l’Eternel est UN ! ‘’ A mon tour Je ferai de vous une pièce unique dans le monde’’ (Deut. VI – 4).  Comme il est dit : ‘’Qui est comme ton peuple, nation UNE sur la terre’’ (I Chroniques XVII – 21).

  

La femme dans le judaïsme

On ne peut pas parler de la femme à travers le judaïsme en faisant abstraction de l’homme et vice-versa. C’est dans le rapport de l’homme et de la femme que se dessinent le caractère et le rôle spécifique de chacun. 

Le constat énoncé par l’Eternel : ‘’lo tov heyot ha Adam lévado’’, ‘’il n’est pas bon que l’homme soit solitaire’’ – ‘’hessé lo ezer quénegdo’’, ‘’Je vais lui confectionner l’aide (le soutien) en vis-à-vis’’.

Il n’est pas question dans la relation de l’homme et de la femme d’une fonction subalterne. Il s’agit tout simplement d’une même créature qui dans son caractère spécifique physiologique, est appelée à apporter cette faculté pour la mettre au service du couple.

Un homme et une femme pris séparément jouissent des mêmes droits et des mêmes devoirs. La loi ne les distingue que lorsqu’ils sont confrontés à des situations qui portent atteinte à leur nature profonde.

C’est ainsi que pour tout ce qui concerne les interdits, au nombre de trois cent soixante cinq, l’homme comme la femme sont concernés. Nulle concession n’est faite à l’un par rapport à l’autre.  Ainsi par exemple, l’interdiction de manger les aliments interdits, de profaner le Chabbat, de porter atteinte à autrui, concerne l’un autant que l’autre.

De même, en ce qui concerne toutes les lois positives non conditionnées par le temps, ou ayant un pendant négatif, un interdit, l’homme et la femme sont dans l’obligation de les observer.

Ainsi donc, des six cent treize commandements il ne reste que très peu de commandements positifs liés au temps et dont la femme est dispensée. Tels que, mettre les téfiline, le talith, se mettre sous la soucca, agiter le loulav, étudier la Thora (pour étudier). Cette dispense ne signifie nullement une mise à l’écart à quelque degré que ce soit. La femme qui mettrait le châle de prières ou les téfiline, ou qui se livre à l’étude de la Thora nuit et jour, ne commet pas une infraction à la loi. On ne peut la taxer d’une attitude rebelle ou autre, pour autant que cela n’empiète su son rôle premier. Celui de trouver son plein épanouissement et de remplir son rôle de femme, d’épouse, de mère et de grand-mère au sein de la société et de la famille. 

Si la Thora et les Sages lui ont épargné certains devoirs et obligations, c’est pour la préserver de certains inconvénients et ne pas lui infliger des atteintes à sa féminité, à sa sensibilité, à sa dignité et discrétion de femme. Par exemple, de la mêler à des conflits sociaux où elle doit comparaître comme témoin. Il faut voir pour cela le détail de la loi, ou encore se mettre à la direction d’un service cultuel .

 

 

 

Grand Rabbin Chalom Benizri.