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Vayétsé - CISU

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BÉRÉCHITE (Genèse)
CHÉMOT (Éxode)
VAYIKRA (Lévitique)
BAMIDBAR (Nombres)
DÉVARIM (Deutéronome)
BÉRÉCHITE (Genèse)
 

 

 

Le départ de Yaakov… 

Les premiers pas de notre patriarche Yakov dans sa fuite, suite aux menaces de son frère Essav (Esaü), sont marqués par une halte au déclin du jour pour élever sa prière à l’Eternel, ainsi que l’indiquent nos Sages dans le traité talmudique Houline 91 b, à travers l’expression  « vayiga bamakom = il atteignit le lieu ». 

Le mot « makom » est un des noms qui désignent l’Eternel, et le verbe « pagoa » signifie rencontrer. Ainsi donc, la rencontre de l’Eternel se fait par le biais de la prière. C’est de là également que nos Sages retiennent que c’est Yakov qui a institué la prière du soir. 

Dans le Midrach Tanhouma, Rabbi Berakhyia dit à propos de la prière du patriarche Yaakov, que tout ce qu’il a sollicité de l’Eternel lui fut accordé. 

En effet, à la demande : « si D… est avec moi », D…lui dit : « Me voici avec toi ». A la supplique de Yaakov « et que D… me protège sur ce chemin que j’emprunte », D… lui dit « je veillerai sur toi là où tu iras ». Enfin au vœu exprimé par Yaakov «  et si je retourne en paix à la maison de mon père », D… lui répondit « et je te ferai retourner ». Mais pour la quatrième demande « et s’il me donne du pain à manger, des vêtements à vêtir », D… ne répondit pas à Yaakov. Car, dit le Midrach, si D… lui accorde également sa promesse de lui assurer ses besoins alimentaires et vestimentaires, Yaakov n’aurait plus rien à lui demander et par conséquent, n’aurait plus de raison de solliciter l’Eternel.

Or, disent nos Sages, « D… aime la prière des Justes » ; ainsi conclut le Midrach.

Mais pourquoi D… aime-t-il la prière de l’homme Juste, et pourquoi avoir choisi de laisser en suspens, précisément, la demande de la nourriture et de l’habillement. N’est-ce pas une chose minime que d’accorder à l’homme sa subsistance et son nécessaire pour se protéger des conditions atmosphériques, alors qu’il a exaucé des requêtes plus importantes !

C’est là justement l’enseignement que vise le Midrach. L’homme qui n’éprouve pas de besoins journaliers, ne ressent pas la présence de la Providence Divine, dispensatrice des biens mis à sa disposition. Bien au contraire, celui qui réalise cela, prend pleinement conscience de sa dépendance vis à vis de l’Eternel et reconnaît en Lui son créateur et son législateur. Cet état de fait l’amène à la prière, seule expression où l’homme rencontre son créateur.

La prière, c’est le service du cœur. Comme l’explique le Maharal de Prague, la prière que l’homme adresse à D… témoigne de sa sollicitude, de son attachement à l’Eternel et qu’il ne peut subsister que par D… ; et lorsque l’homme se met au service de D…, il s’en approche et adhère à Lui. C’est ce qui lui assure sa vie matérielle et spirituelle.

Comme l’illustre cette parabole de Rabbi Simha Boïnim :

Un homme s’est adressé à lui en demandant en quoi consistait la punition du serpent qui a incité la femme à goûter le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.  N’est-ce pas plutôt une bonne chose de condamner celui-ci à ramper sur son ventre et manger de la poussière tant qu’il vivra ? En effet, dans ce cas, le serpent ne viendra jamais à manquer de nourriture.

Rabbi Simha BoÏnim lui répondit : au premier homme D… dit, c’est à la sueur de ton front que tu mangeras du pain. Et si l’homme venait à manquer de nourriture, alors il élèverait sa prière vers D… et celui-ci l’exaucerait ; et à la femme, D… dit : « c’est avec de grandes souffrances que tu  donneras naissance ». Et quand arrive ce moment crucial pour la femme, elle lève les yeux vers l’Eternel et Lui demande assistance. L’homme et la femme se trouvent ainsi attachés encore à D… et liés à lui par la prière ; alors que le serpent, source de péché, est exclus et rejeté de l’enceinte de D… à jamais. Aussi D… ne veut plus avoir aucun rapport avec le serpent et c’est pour cela qu’il lui a dispensé la nourriture à profusion, sans qu’il ne vienne à en manquer et invoquer l’aide de l’Eternel.  

 

La gratitude à l’Eternel 

‘’Léa conçut encore et mit au monde un fils ; et elle dit : ‘’cette fois je rends grâce à l’Eternel !’’C’est pourquoi elle le nomme Yéhouda…’’ (Gen. XXIX 35)

Le Talmud (Berakhoth 7 b) rapporte à propos de cette expression : Rabbi Yohanan déclare au nom de Rabbi Chimon Bar Yohaï :Depuis la création du monde, personne n’a vraiment rendu grâce au Saint béni soit-Il, avec une entière plénitude en se satisfaisant de ses bienfaits, jusqu’au moment où Léa s’est écriée : ‘’cette fois-ci je vais rendre grâce à l’Eternel’’.

Cet enseignement est pour le moins étonnant. En effet, les patriarches n’avaient-ils pas manifesté leur reconnaissance et leur gratitude à l’Eternel pour tous les miracles dont ils avaient bénéficié ? N’avaient-ils pas élevé des autels et fait des offrandes à l’Eternel ? Dès lors, en quoi la nature reconnaissante de Léa notre mère est-elle différente ?

Rappelons à cet effet cet autre enseignement talmudique (Chabbat 118 b) : ‘’La personne qui récite le hallel* chaque jour est considérée tel un blasphémateur, même si elle omet de faire la bénédiction préalable pour éviter de prononcer le nom de D… en vain’’. 

Pour comprendre la gravité attribuée à cette attitude, nous pouvons l’illustrer à travers l’exemple suivant :

Une personne se promenant en bord de mer, entend les cris de détresse, les appels au secours, d’un couple et leur jeune enfant, pris dans un tourbillon d’eaux tumultueuses. Il se précipite à leur secours et parvient au prix de grands efforts, mettant sa vie en danger, à sauver l’enfant, alors que les parents sombrent dans les flots. Cette personne adopte l’orphelin. Parvenu à l’âge adulte, celui-ci prit l’habitude chaque année à la date anniversaire de son sauvetage, d’apporter un présent à son père adoptif. Un jour il renouvela son geste de gratitude en dehors de la date anniversaire. Le père adoptif interloqué afficha du mécontentement et de la tristesse. L’enfant dit : mon présent te déplaît-il ? Le père lui répondit : certes, ton intention est bonne, mais tu viens de commettre là une très grande incorrection. De quoi s’agit-il ? interroge l’enfant. Le père rétorqua : il est vrai que je t’ai sauvé la vie en bravant un grand danger. Mais est-ce là le seul bien que je t’ai prodigué ? Ne t’ai-je pas adopté comme mon enfant, pourvu à tes besoins alimentaires et vestimentaires, dispensé tout le nécessaire tout au long de ces nombreuses années ? Jusqu’à présent j’étais convaincu que ton cadeau au jour anniversaire de ta sauvegarde incluait également tes remerciements pour toutes les attentions que je t’ai prodiguées chaque jour. A présent ce cadeau inopiné m’apprend que c’est uniquement ton sauvetage qui motive ta reconnaissance, et que par ce présent tu t’acquittes de ce bienfait. Voilà pourquoi je suis attristé par ton geste.

C’est dans cet esprit que nos Sages ont institué la récitation des textes de louanges, le hallel, en des dates anniversaires des miracles manifestes que l’Eternel a accordé à nos pères, et à travers eux, pour tout le bien qu’Il nous dispense en permanence et que nous évoquons chaque jour dans notre prière de gratitude, à travers ces mots : 

‘’… pour tes miracles que Tu opères chaque jour en notre faveur, pour tes prodiges et tes bontés de chaque instant, soir, matin et midi…’’. C’est uniquement du fait de notre incapacité à ressentir les miracles dissimulés dans la nature que nous ne proclamons pas à chaque instant. nos louanges à l’Eternel à travers le texte du hallel, Comme disent nos Sages : ‘’En baal haness makir benisso, le bénéficiaire du miracle n’a pas pleinement conscience de l’événement vécu miraculeusement’’. Il est bien évident que lors de la récitation du hallel, nous devons être pleinement conscients que l’événement relevant du miracle n’est unique en son genre et que nous incluons à travers lui notre gratitude pour tout ce qui se trouve dans les miracles répétitifs dissimulés dans la nature. Aussi, la personne qui fera usage du texte du hallel quotidiennement, montre que c’est uniquement pour les grands miracles qu’il y a lieu d’exprimer sa reconnaissance ? Ce qui est une injure et un blasphème à l’égard de l’Eternel qui nous comble chaque jour de ses bienfaits.

A présent nous comprenons ce que notre mère Léa a révélé de nouveau, en s’exclamant :’’cette fois-ci je rends grâce’’, précisément pour un fait tout naturel, celui de donner naissance à un enfant, ce qui semble à priori banal, alors que en vérité, cela relève d’un miracle de la nature. Il est vrai que le commun des mortels n’est pas impressionné par ce miracle de la nature et qu’il accorde toute son attention plutôt aux faits frappants. Par contre, Léa s’est révélée être une personne tenant le sceptre de la gratitude entre ses mains, car elle avait pleinement conscience qu’il n’y a nulle différence entre le miracle grandiose de la traversée de la mer Rouge et celui de se réveiller le matin et de bouger ses membres. C’est ce qui lui a valu d’être la première à léguer à sa postérité le sentiment de gratitude pour tout ce que D… nous offre en tout instant.

*Psaumes de louanges 113 à 118

 

‘’ Maassé avoth simane  labanim  ’’

L’ordre de lecture des sections de la Thora consacrées à la vie de nos patriarches, fait ressortir les principes de base qui constituent les fondements de la morale et de la conduite adoptées par leurs descendants. Comme disent nos Sages : ‘’Maassé avoth simane labanim  - l’œuvre des pères préfigure celle de leurs descendants’’.

La source de cette réalité spirituelle nous est enseignée par le vécu de nos patriarches tel qu’en témoigne le récit biblique, et tel qu’en atteste le Talmud.

C’est ainsi que le traité talmudique Psahim (88 a) rapporte l’interrogation de Rabbi Eleazar, à propos de cette parole du prophète Isaïe : ‘’Et nombre de peuples iront en disant : or ça, gravissons la montagne de l’Eternel pour gagner la maison du D… de Jacob, afin qu’Il nous enseigne ses voies et que nous puissions suivre ses sentiers, car c’est de Sion que sort la doctrine et de Jérusalem, la parole du Seigneur. 

Le Talmud fait remarquer que le prophète ne mentionne pas le D… de Avraham, ou le D… de Itzhaq,   mais le D… de Yaakov.  

La raison de ce choix est que le lieu du sanctuaire , ce centre de rayonnement du Temple, résidence de la présence divine, a été appelé par Avraham, une montagne :’’Avraham dénomma cet endroit  Ado-Naï iré – D… pourvoira’’ (Gen. XXII – 14). D’où l’on dit aujourd’hui : ‘’Ado-Naï yéraé – D… se révèlera en ce lieu’’ ; et non plus comme Isaac qui attribua à ce lieu le nom de champ :’’Isaac était sorti dans les champs pour se livrer à la méditation…’’(Gen. XXIV – 63); mais comme Yaakov qui a qualifié ce lieu de maison.- comme il est dit : ‘’… que ce lieu est redoutable ! Ceci n’est autre que la maison du Seigneur et c’est ici la porte du ciel’’ (Gen. XXVIII – 17).

Cette prophétie d’Isaïe pour les temps à venir, considère davantage et donne la primauté à la relation que développent les nations à l’égard de l’Eternel, empreinte de la vision du patriarche Yaakov, qui voit ce lieu d’émanation, le sanctuaire, comme un foyer familial et non comme une montagne, tel que le décrit le patriarche Avraham, ou comme un champ , selon le patriarche Isaac. 

Pour Avraham, la relation avec l’Eternel est comparable à l’escalade d’une montagne qui réclame un effort soutenu et une grande énergie pour surmonter les obstacles et parvenir au sommet ; allusion à l’adhésion et à la proximité du divin. 

Le Temple, identifié à la montagne, exige la démarche de Avraham, empreinte de bonté et d’abnégation. La voie d’accès préconisée par Isaac, offre l’image de l’étendue d’un champ qui demande à être labouré, semé et irrigué, pour donner ses fruits. Tel est l’investissement exigé de la part de l’homme pour accéder à la proximité de la présence divine ; ce qui invite à une rigueur et une exigence dans l’ordre moral et spirituel adopté.  D’où la difficulté que le commun des mortels peut éprouver.Yaakov, par contre, nous invite à une approche non moins exigeante, mais dont les modalités sont   plus  à  la portée de  la personne en quête de D…

A l’exemple de la maison familiale, l’appel du créateur est empreint d’affection.

La voie qui s’ouvre devant nous est celle de la recherche de la vérité  profonde que l’on découvre en nous-mêmes, et qui peut transcender les limites du temps et de l’espace pour nous faire  accéder à l’absolu, à D…

C’est cette voie  que tout être humain peut emprunter ; d’où le choix du Talmud porté sur l’image du lieu de la résidence divine identifié à la maison, le foyer familial.

Cette lecture chabbatique coïncide avec la veille de Rosh Hodesh Kislev, date de la dédicace de notre foyer sépharade que nous élisons comme un lieu de rencontre des membres de notre communauté , jeunes et moins jeunes.

 

Grand Rabbin Chalom Benizri.